Pacte
Autres actions
Le Pacte est la réaction consciente, maîtrisée et équilibrée qu'un être peut entretenir avec l'Êt͡ʒèrr. Là où l'Assimilation dissout et la Lutte repousse, le Pacte crée un lien stable entre la logique du vivant et celle de l'Êt͡ʒèrr.
Les pactes inconscients
Nature du phénomène
Le Pacte n'exige pas d'être voulu. Un pactant négocie avec l'Êt͡ʒèrr consciemment ou inconsciemment, et peut convertir une partie de sa nature en phénomène manipulable sans jamais en avoir formulé l'intention explicite. Le pacte qui en résulte est réel et soumis au même principe d'équivalence que les autres, mais son porteur en ignore les termes.
Ces pactes naissent de l'exposition. Aucune méthode permettant de les provoquer ou de les transmettre n'est connue avant l'Èrà de l'Àstàttì.
L'exposition prolongée des Ùsùmàrr
Les Ùsùmàrr constituent le cas le mieux établi. Leur ethnie présente une sensibilité extrême à l'Êt͡ʒèrr, et leur territoire du Bàʒìnndè>Ûsûmè les soumet à une exposition presque constante.
Avec les siècles, la population a fini par pactiser avec l'Êt͡ʒèrr de manière inconsciente. Jusqu'à un enfant sur mille peut désormais s'éveiller à l'Êt͡ʒèrr dans cette population, proportion sans équivalent ailleurs dans le Mùndì.
Les Inquiésarques de la Sèlèktrì
Le second cas connu relève d'une institution : La Sèlèktrì, officiellement inexistante.
Ses agents supérieurs, les Inquiésarques, sont porteurs de pactes d'Êt͡ʒèrr inconscients. Leur pacte se manifeste par l'apparition de créatures à la peau rouge et à l'apparence humanoïde, capables de détecter les concentrations d'Êt͡ʒèrr. Ces créatures ne sont pas perceptibles par le commun des habitants et nécessitent des conditions particulières pour se manifester.
Le premier pacte conscient (ϑ25)
Contexte
Les Grandes invasions de l'Êt͡ʒèrr s'étendent de ϑ23 à ϑ158 de l'Èrà de l'Àstàttì. Les forces engagées sont le Front de coprospérité de l'Ouest et l'Àstàtì Kàrràkùl, alors séparés.
Les moyens conventionnels montrent vite leurs limites. Le Bàʒìnndè>Sùrrì déploie des lots d'armement chimique issus de ses Grandes Familles, mais les gaz se révèlent inefficaces contre l'Êt͡ʒèrr elle-même.
Circonstances de la découverte
La découverte du premier pacte conscient est en théorie faite par un Càpìtànn en ϑ24 lors d'une mission terrestre de progression dans le Nòdèkàrr. Cette mission consistait en l'exploration et l'analyse terrestre dans les 100km qui entourent la bordurent entre le Mùndì et le Nòdèkàrr. L'expédition comprenait :
- 50 Sòπdàtì
- 5 Càpàràl
- 1 Càpìtànn
Si le nom du Càpìtànn a été effacé des registres par la Sèlèktrì, l'histoire se rependit tellement vite qu'elle pris de court toute tentative de censure et fuita. Exceptionnellement, cette mission ne causa aucun mort. Aucun soldat ne mourra ou ne fut blessé, et ceci grâce au pacte. La volonté du Càpìtànn de protéger ses hommes était si forte qu'il parvint à formuler la demande pour bâtir une forteresse de pierre pour protéger ses hommes des Êt͡ʒèrràsì. Du sol des piliers émergèrent et, prenant conscience de ce qu'il venait de faire, il utilisa cette force pour déplacer la forteresse avec lui sur plusieurs kilomètres avant de tomber dans les pommes et d'être ramené par ses hommes. Auditionnés par la Sèlèktrì, ils furent d'abord pris pour des traîtres et eurent le temps de raconter leur histoire, ils seront tous condamnés à mort pour haute trahison avant qu'un édit du chef de l'armée n'annule la condamnation.
Conséquences immédiates
La prise de conscience de l'existence d'un tel potentiel ne fut utilisé officiellement qu'en ϑ25 les Aérostatiques faisant fasse à de nombreux de problèmes qui les empêchaient d'opérer de manière efficace.
Le premier pacte conscient officiel est réalisé en l'an ϑ25, deux ans après le début des invasions.
Le programme de combinaisons oxygénées, destiné à permettre le largage d'hommes depuis les Aérostatiques et déjà jugé très coûteux, est abandonné dès que le pacte est connu. Quelques semaines plus tard apparaissent les Àrpàd͡ɻìò et les Đàmùnìrr.
Sur le plan militaire, les pactes conscients développés pendant cette période se montrent bien plus décisifs que l'armement chimique déployé au même moment.
L'éveil forcé : le cas des Đàmùnìrr (ϑ25-ϑ34)
Pendant une dizaine d'années, un individu non éveillé ne peut accéder au pacte que par l'intermédiaire d'un tiers. Les Đàmùnìrr sont ces praticiens.
À l'époque, le pacte n'existe qu'à travers une petite quantité d'élu dont la durée de vie est faible. Personne n'est encore prêt à anticiper le phénomène que représentera les Pactes. Les Đàmùnìrr fonctionne avec une double condition :
- La canalisation de la pression, de l'absence d'oxygène et de la température des Àrpàd͡ɻìò en chute libre à la surface de leur peau.
- L'immobilisation totale pouvant entraîner une dépression respiratoire.
De plus, les Àrpàd͡ɻìò ne restent que des relais d'Êt͡ʒèrr pour les Đàmùnìrr qui sont les vrais pactisants conscients.
L'assimilation contrôlée
Les pactes équilibrés et architecturés n'existent pas encore. Ce que pratique le Đàmùnìrr s'apparente à une assimilation contrôlée, interrompue avant qu'elle ne devienne irréversible.
L'aspirant est amené dans une zone à concentration d'Êt͡ʒèrr volontairement densifiée en amont. Le Đàmùnìrr pose les mains sur lui et ouvre brièvement la frontière entre son Êt͡ʒèrr personnelle et le Reste. L'Êt͡ʒèrr environnante s'engouffre. C'est cette étape qui rend la communication entre les Àrpàd͡ɻìò et les Đàmùnìrr possible.
Les Àrpàd͡ɻìò
Les Àrpàd͡ɻìò sont la première application militaire de masse du pacte. À l'époque, en être un signifie deux choses : avoir une chance supérieure de décès, et avoir été éveillé à l'Êt͡ʒèrr, peu importe la manière.
Le Đàmùnìrr assure également la synthèse du fluorocarbure respiratoire du cylindre de largage. La base chimique, produite en arrière par des chimistes, se dégrade seule en quelques secondes dans les poumons : c'est la résonance d'Êt͡ʒèrr imposée par le praticien qui la rend compatible avec un corps humain en chute libre. Cette synthèse ne reste valide que quelques heures à cause de la méconnaissance de l'optimisation architecturale des pactes.
Une poignée de praticiens
Seuls quelques rares individus sont assez stables pour maintenir leur propre intégrité tout en imposant un éveil forcé à d'autres. On en compte au mieux quelques dizaines, répartis entre le Front de coprospérité de l'Ouest et l'Àstàtì Kàrràkùl avant la fusion militaire.
Un savoir militaire et non transmissible
Les Đàmùnìrr n'ont pas de grade militaire formel. Ils sont rattachés aux unités d'Aérostatiques comme personnel technique d'éveil, avec une solde supérieure à celle des officiers. À ce stade, le pacte se donne mais ne s'apprend pas. Aucune méthode ne permet à un aspirant d'y accéder sans qu'un praticien lui ouvre la frontière.
Le tournant du Traité d'Ìmànn (ϑ28)
La fusion militaire
Le Traité d'Ìmànn est conclu en l'an ϑ28 de l'Èrà de l'Àstàttì. Il opère la fusion militaire du Front de coprospérité de l'Ouest et de l'Àstàtì Kàrràkùl, qui jusque-là déployaient chacun leurs propres Àrpàd͡ɻìò et disposaient chacun de leurs propres Đàmùnìrr.
La fin de l'éveil forcé
La disparition des Đàmùnìrr coïncide avec le traité, mais ne s'explique pas seulement par lui. Elle tient plus profondément à la maturation rapide de la connaissance des pactes dans les années qui suivent.
La démocratisation des pactes
Les architectures deviennent transmissibles
Le basculement décisif n'est pas une victoire militaire mais un changement de nature du savoir. À mesure que les architectures conscientes deviennent transmissibles, le pacte cesse d'être un état que l'on subit pour devenir une construction que l'on apprend.
Des pactants formés en amont
L'éveil forcé brutal cesse d'être la seule méthode disponible. Les unités d'Àrpàd͡ɻìò sont progressivement remplacées par des formations de pactants formés en amont, dont le pacte est construit avant l'engagement plutôt qu'imposé dans l'urgence.
La disparition des Đàmùnìrr (ϑ34)
Les derniers Đàmùnìrr en activité sont attestés vers ϑ34, une dizaine d'années seulement après le premier pacte conscient.
Effets sur la conduite de la guerre
L'armement chimique perd définitivement son rôle offensif. Les stocks du Bàʒìnndè>Sùrrì ne servent plus qu'à l'exportation ponctuelle vers les alliés du Front de coprospérité de l'Ouest et à la dissuasion.
La formalisation du savoir
La classification complète est détaillée dans Êt͡ʒèrr. On n'en rappelle ici que les grandes articulations, qui datent de cette période de maturation.
Naissance de la classification
Les pactes sont répartis en quatre familles : les Primaires, qui portent l'intention brute ; les Secondaires, qui modulent, conditionnent ou orientent les précédents ; les Spéciaux, liés à la mémoire, à la transmission ou à la transformation profonde ; et les Majeurs, qui dépassent les limites du pactant et risquent l'absorption par l'Êt͡ʒèrr.
Les Architectures de Pactes
Les Pactes Conditionneurs, bien que secondaires, sont ceux qui ouvrent le plus de possibilités. Un Conditionneur restrictif impose une condition d'activation et abaisse le coût ; un Conditionneur modificatif altère le comportement de l'Êt͡ʒèrr sans en restreindre la puissance brute.
C'est ce qui rend possibles les techniques dites intelligentes et les Architectures de Pactes, combinaisons complexes dont les conditions équilibrent la charge d'Êt͡ʒèrr.
Le calcul du coût
Deux limites pèsent sur tout pactant : la concentration d'Êt͡ʒèrr de la zone, qui fournit la matière première, et le coût relatif du pacte, compris entre 0 et l'infini. Les coûts individuels s'additionnent, puis le coût résiduel du Conditionneur s'ajoute ou se soustrait.
De cette comptabilité découle l'échelle des niveaux d'utilisateurs, qui va de l'individu non-initié au membre du conseil de la Colonie.