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Ce système s'est maintenu stable pendant des millénaires, en grande partie parce qu'il convenait au [[Bàʒìnndè>Kàsìì|Bàʒìnn de Kàsìì]], qui pratiquait à l'encontre d'Àl𐌌ûd͡ʒà une '''ingérence étrangère structurelle'''. En soutenant les fractions qui empêchaient l'émergence de mouvements indépendantistes ou unificateurs, [[Bàʒìnndè>Kàsìì|Kàsìì]] s'assurait qu'aucun pouvoir [[Kàrràkùl|kàrràkùl]] central ne puisse se former. Le [[Bàlànn]], en fragmentant le pouvoir entre des dizaines de cités et des centaines de [[Fonctionnaires de loi|fonctionnaires de loi]], était l'instrument idéal de cette stratégie : il n'existait pas de voix nationale [[Kàrràkùl|kàrràkùl]] avec qui traiter, et [[Bàʒìnndè>Kàsìì|Kàsìì]] pouvait négocier ville par ville en jouant des rivalités internes. | Ce système s'est maintenu stable pendant des millénaires, en grande partie parce qu'il convenait au [[Bàʒìnndè>Kàsìì|Bàʒìnn de Kàsìì]], qui pratiquait à l'encontre d'Àl𐌌ûd͡ʒà une '''ingérence étrangère structurelle'''. En soutenant les fractions qui empêchaient l'émergence de mouvements indépendantistes ou unificateurs, [[Bàʒìnndè>Kàsìì|Kàsìì]] s'assurait qu'aucun pouvoir [[Kàrràkùl|kàrràkùl]] central ne puisse se former. Le [[Bàlànn]], en fragmentant le pouvoir entre des dizaines de cités et des centaines de [[Fonctionnaires de loi|fonctionnaires de loi]], était l'instrument idéal de cette stratégie : il n'existait pas de voix nationale [[Kàrràkùl|kàrràkùl]] avec qui traiter, et [[Bàʒìnndè>Kàsìì|Kàsìì]] pouvait négocier ville par ville en jouant des rivalités internes. | ||
Dernière version du 13 avril 2026 à 20:22
| Bàʒìnndè>Àl𐌌ûd͡ʒà | |
| Cité | Ànnàkàrr |
|---|---|
| Vòrrèsànn | |
| Tàkìrrà | |
| Géologie | Plaines Plateaux argileux Petites montagnes Ûltìràtìl Région volcaniques |
| Population totale | 1210ϑ |
Présentation
Le Bàʒìnndè>Àl𐌌ûd͡ʒà est un Bàʒìnn situé au nord du Mùndì, peuplé par les Kàrràkùl, l'une des cinq ethnies nées et survivantes de l'Èrà de la communauté. C'est le deuxième producteur de Fa𐌌is du Mùndì depuis la découverte, à la fin de l'Èrà de l'industrialisme, de plusieurs nouveaux gisements majeurs qui ont transformé son économie, sa politique et son histoire. C'est aussi le Bàʒìnn qui a donné naissance à l'Èrà de l'Àstàttì, lors du couronnement d'Àrìnhdà I|Àrìnhdà Ier, qui l'a fait passer du régime dikastocratique ancien du Bàlànn à un État souverain unifié, l'Àstàtì Kàrràkùl. Àl𐌌ûd͡ʒà et Àstàtì Kàrràkùl désignent aujourd'hui le même territoire sous deux noms correspondant à deux périodes de son histoire.
Géographie
Le Bàʒìnndè>Àl𐌌ûd͡ʒà est un territoire majoritairement plat, dominé par de vastes plaines agricoles et de grands plateaux argileux où se pratique une riziculture ancienne. Le climat y est tempéré et relativement doux, propice à une agriculture intensive et à la vie d'une population extrêmement nombreuse. Des régions de prairies et savanes inondées structurent le centre du Bàʒìnn et accueillent un commerce fluvial intra-Bàʒìnn actif.
À l'est, le territoire devient plus vallonné, avec des collines et de petites chaînes montagneuses qui abritent l'essentiel des gisements de Fa𐌌is du Bàʒìnn, notamment ceux découverts à la fin de l'Èrà de l'industrialisme. C'est dans cette région que se concentrent les mines et certaines des grandes villes productives d'Àl𐌌ûd͡ʒà.
Au sud-ouest se trouve une unique grande route commerciale qui reliait historiquement le Bàʒìnn au reste du Mùndì. Cette route fut officiellement fermée par Àrìnhdà Ier lors de son couronnement et dans les premières années de son règne, dans un geste politique affirmant la suffisance du nouveau Bàʒìnn unifié. Elle demeure partiellement utilisée aujourd'hui, mais dans un cadre strictement contrôlé par l'Àstàtì Kàrràkùl.
Au nord, à la frontière avec le Nodèkàrr, le paysage change brutalement. La région devient inhospitalière, marquée par des Ûltìràtìl localisés, des volcans actifs, et des sources sulfureuses et geysers qui exhalent des vapeurs toxiques. L'endroit n'est pas habité, et les villages les plus proches vivent dans une insécurité constante. C'est également à partir de cette frontière que sont lancées les expéditions aérostatiques des Grandes invasions de l'Êt͡ʒèrr.
Villes principales
Le Bàʒìnndè>Àl𐌌ûd͡ʒà compte sept grandes cités qui structurent son territoire et son histoire. Elles étaient, sous le Bàlànn, des entités politiques largement autonomes, chacune dotée de son conseil et de ses propres représentants de loi ; depuis le couronnement d'Àrìnhdà Ier, elles sont intégrées à l'Àstàtì Kàrràkùl sous une autorité centralisée.
- Ànnàkàrr : la Cité des Lois, siège d'Àrìnhdà Ier et cœur politique de l'Àstàtì Kàrràkùl. Pensée comme un lieu de cour, de palais, de jardins et de protocole plus que comme un centre administratif fonctionnel, Ànnàkàrr est l'endroit où s'exhibe la richesse de l'État nouveau. Elle fut déjà une cité majeure sous le Bàlànn, abritant certains des plus influents fonctionnaires de loi du Bàʒìnn, et son basculement au statut de Cité des Lois unifiées a scellé l'avènement de l'Èrà de l'Àstàttì. Son nom hérité continue ainsi de désigner ce qui s'est transformé sous elle.
- Vòrrèsànn : Cité de l'est, proche des collines minières. C'est la capitale productive du Bàʒìnn, où se concentrent les grandes fonderies, les forges de Fa𐌌is et la production des FùdàΠì en lames et plates pures. Vòrrèsànn est l'une des plus riches cités d'Àl𐌌ûd͡ʒà et accueille sous l'Èrà de l'Àstàttì certains des meilleurs forgerons du Mùndì.
- Tàkìrrà : Ancienne cité marchande du sud-ouest, autrefois porte du Bàʒìnn sur la grande route commerciale. La fermeture de la route par Àrìnhdà Ier a diminué son influence sans la ruiner : Tàkìrrà reste un centre d'échanges et un point de contrôle où sont filtrés les commerces autorisés avec l'extérieur.
- Sàlòmànn : Grande cité des plateaux argileux, centre de la riziculture et des cultures du Bàʒìnn. Moins prestigieuse que les trois précédentes, mais essentielle à l'approvisionnement alimentaire de la population kàrràkùl.
- Ìrrètànn : Cité portuaire fluviale du centre, construite sur les confluences des grandes savanes inondées. Elle vit du commerce intra-Bàʒìnn et du transport de marchandises et de voyageurs entre les autres grandes villes.
- Dòrrèkìn : Cité ancienne du Bàlànn, longtemps dominée par des fonctionnaires de loi influents. Elle a perdu une partie de son importance politique après le couronnement, mais garde un poids culturel et historique considérable, et ses théâtres sont parmi les plus réputés du Bàʒìnn.
- Kèmmàrr : Cité du nord, la plus proche de la frontière avec le Nodèkàrr. Son climat est plus rude, l'activité volcanique se fait sentir dans ses environs, et c'est de ses hangars que partent la plupart des aérostatiques déployés lors des Grandes invasions de l'Êt͡ʒèrr.
Ressources
Les ressources du Bàʒìnndè>Àl𐌌ûd͡ʒà sont nombreuses et justifient à elles seules la puissance actuelle du Bàʒìnn :
- Fa𐌌is : deuxième producteur mondial, premier en volume exporté depuis la découverte des nouveaux gisements de l'est à la fin de l'Èrà de l'industrialisme
- Riz et cultures de plateau : production agricole massive, base de l'alimentation d'une population très dense
- Argile et poteries : exploitation des grands plateaux argileux
- Fer et métaux pour les forges des cités productives
- Chevaux : élevage ancien, support de la tradition de cavalerie kàrràkùl
- Poudre de Fa𐌌is : produit dérivé unique au Bàʒìnn, utilisé notamment pour les feux d'artifice de spectacle et certaines applications militaires
Histoire
Les Kàrràkùl sont l'une des cinq ethnies nées et survivantes de l'Èrà de la communauté, ce qui fait d'Àl𐌌ûd͡ʒà l'un des plus anciens territoires peuplés du Mùndì. Leur histoire se confond en grande partie avec celle de leurs cités, dont les fondations remontent aux toutes premières agglomérations humaines enregistrées.
Le Bàlànn
Pendant la majeure partie de son histoire, le Bàʒìnndè>Àl𐌌ûd͡ʒà était organisé selon un système appelé le Bàlànn, une forme de dikastocratie fondée sur les cités. Chaque cité kàrràkùl était administrée par un conseil d'habitants relativement aisés, composé de membres qui changeaient régulièrement. Ce conseil élisait à son tour des fonctionnaires de loi qui, une fois désignés, conservaient leur pouvoir jusqu'à leur mort et disposaient du droit de créer, modifier ou supprimer des lois. Cette superposition d'une base rotative et d'une couche supérieure à vie produisait un équilibre unique, à la fois démocratique par la base et oligarchique par le sommet.
Ce système s'est maintenu stable pendant des millénaires, en grande partie parce qu'il convenait au Bàʒìnn de Kàsìì, qui pratiquait à l'encontre d'Àl𐌌ûd͡ʒà une ingérence étrangère structurelle. En soutenant les fractions qui empêchaient l'émergence de mouvements indépendantistes ou unificateurs, Kàsìì s'assurait qu'aucun pouvoir kàrràkùl central ne puisse se former. Le Bàlànn, en fragmentant le pouvoir entre des dizaines de cités et des centaines de fonctionnaires de loi, était l'instrument idéal de cette stratégie : il n'existait pas de voix nationale kàrràkùl avec qui traiter, et Kàsìì pouvait négocier ville par ville en jouant des rivalités internes.
Le basculement
Pendant l'Èrà de l'industrialisme, le Bàʒìnn de Kàsìì se replie progressivement sur lui-même pour des raisons internes, et son ingérence sur Àl𐌌ûd͡ʒà perd en efficacité. Dans la même période, plusieurs nouveaux gisements majeurs de Fa𐌌is sont découverts dans les collines de l'est. Ces deux événements se renforcent mutuellement : la richesse soudaine donne aux cités kàrràkùl un objet commun à défendre, et le relâchement de l'emprise étrangère leur laisse l'espace politique pour le faire.
Un nombre suffisant de cités finissent par s'unir et par renverser collectivement les fonctionnaires de loi à vie, mettant fin au Bàlànn. Dans le vide politique qui en résulte, une figure émerge : le Gouverneur du Bàʒìnndè>Àl𐌌ûd͡ʒà, qui sera couronné sous le nom d'Àrìnhdà Ier, et qui fonde l'Àstàtì Kàrràkùl, le premier État souverain au sens plein du terme dans l'histoire du Mùndì. Son couronnement marque la fin de l'Èrà de l'industrialisme et l'ouverture de l'Èrà de l'Àstàttì, qui tire son nom même de ce basculement institutionnel.
L'Àstàtì Kàrràkùl et les Grandes invasions de l'Êt͡ʒèrr
Sous Àrìnhdà Ier, Àl𐌌ûd͡ʒà se referme partiellement sur elle-même : la grande route commerciale du sud-ouest est fermée, les cités sont intégrées à l'autorité centrale, et les forges sont contraintes par la loi de s'installer dans les grandes villes, concentrant encore davantage les richesses urbaines. La puissance de l'État nouveau, nourrie par le Fa𐌌is abondant, permet à Àl𐌌ûd͡ʒà de lancer les Grandes invasions de l'Êt͡ʒèrr, ces expéditions exceptionnelles vers le Nodèkàrr qui définissent l'Èrà de l'Àstàttì et sortent le Mùndì de sa stagnation multiséculaire.
En l'an ϑ28 de l'Èrà de l'Àstàttì, le Traité d'Ìmànn est signé entre l'Àstàtì Kàrràkùl et le Front de coprospérité de l'Ouest, mené par Kàsìì. Ce traité n'est ni une absorption ni une capitulation : c'est une alliance entre puissances qui ont compris que ni l'une ni l'autre ne pouvait assumer seule le coût et les dangers des expéditions vers l'Êt͡ʒèrr. Ensemble, les deux blocs fondent la Colonie et y envoient diplomates, militaires, éveillés et habitants. Kàsìì, ayant de toute manière perdu son influence historique sur Àl𐌌ûd͡ʒà, accepte relativement aisément cette alliance nouvelle.
Organisation politique
Depuis le couronnement d'Àrìnhdà Ier, le Bàʒìnndè>Àl𐌌ûd͡ʒà est officiellement l'Àstàtì Kàrràkùl, un État unifié dirigé depuis la Cité des Lois d'Ànnàkàrr. L'État a repris et centralisé les pouvoirs qui étaient auparavant fragmentés entre les cités du Bàlànn, notamment en matière de défense, de justice et d'économie.
Les sept grandes cités conservent cependant une forte identité locale et une administration propre, héritée des siècles du Bàlànn. Le centralisme de l'Àstàtì Kàrràkùl reste donc nuancé par l'ancienneté des structures urbaines qu'il a remplacées, et les rivalités entre cités n'ont pas disparu : elles s'expriment désormais par la cour, la concurrence économique et la représentation au sein de l'administration centrale.
Forces armées
Les forces armées d'Àl𐌌ûd͡ʒà reposent sur trois piliers : la masse de la population, la tradition martiale populaire, et l'industrie de forge des grandes cités.
La population formée
La particularité fondamentale du Bàʒìnn, qui en fait une puissance militaire sans équivalent, est que presque toute la population est formée au combat. Il existe dans chaque village, même les plus petits, un lieu de duel où se pratique le combat au FùdàΠì. Cette tradition quotidienne, transmise de génération en génération, fait qu'un kàrràkùl moyen sait tenir une lame, connaît les gardes, comprend le tempo d'un duel, et peut être mobilisé comme combattant efficace en temps de guerre. Cette réalité, combinée à une population extrêmement nombreuse, donne à l'Àstàtì Kàrràkùl une capacité de mobilisation militaire qu'aucun autre Bàʒìnn du Mùndì ne peut égaler.
Les FùdàΠì
Les FùdàΠì sont les armes traditionnelles kàrràkùl, à lames longues et grande portée. Elles se manient principalement au corps à corps et à cheval, et s'accompagnent d'un ensemble de gardes, de postures et de tempos dont la maîtrise constitue le socle de la tradition martiale du Bàʒìnn. Les FùdàΠì existent en plusieurs formes correspondant à différents styles de combat, et les maîtres forgerons des grandes cités en produisent des versions de toutes les qualités, des plus simples destinées aux duels villageois jusqu'aux plus prestigieuses réservées aux élites de la cour d'Ànnàkàrr.
Les Kàrràkùl ont été les premiers dans l'histoire du Mùndì à forger le Fa𐌌is pur, c'est-à-dire à en tirer directement des lames et des plates d'armure sans passer par les alliages métalliques qui étaient la norme chez tous les autres Bàʒìnn. Cette innovation métallurgique, apparue après la découverte des nouveaux gisements, a transformé la qualité des FùdàΠì produits à Vòrrèsànn et constitue aujourd'hui l'un des savoir-faire militaires les plus précieux du Mùndì.
Cavalerie
Les Kàrràkùl entretiennent une tradition ancienne de cavalerie, servant de support aux charges de FùdàΠì à longue portée. Les chevaux sont élevés dans les plaines centrales et dans les régions vallonnées de l'est, et les cavaliers kàrràkùl sont considérés comme compétents sans être exceptionnels à l'échelle du Mùndì : d'autres peuples sont réputés meilleurs cavaliers individuellement, mais aucun ne peut en aligner autant.
Industrie militaire
Depuis le couronnement, les forges sont obligatoirement concentrées dans les grandes villes. Cette contrainte légale a pour effet de concentrer les savoir-faire militaires dans les cités les mieux protégées, en particulier Vòrrèsànn et Ànnàkàrr. L'Àstàtì Kàrràkùl a également développé sous Àrìnhdà Ier une industrie aérostatique avancée, principalement basée à Kèmmàrr, et qui fournit les appareils utilisés lors des Grandes invasions de l'Êt͡ʒèrr.
Économie
L'économie d'Àl𐌌ûd͡ʒà est à la fois agricole, minière, industrielle et commerciale, portée par sa population nombreuse et ses ressources abondantes. Le Fa𐌌is est le principal produit d'exportation, avec notamment le Bàʒìnn d'Òltàskòl comme importateur régulier.
La richesse du Bàʒìnn est fortement concentrée dans les grandes villes, qui bénéficient des lois économiques favorables promulguées sous Àrìnhdà Ier. Les villages qui s'installent autour des cités pour profiter de cette prospérité restent sensiblement plus pauvres que leurs voisines urbaines, et certains villages agricoles plus éloignés vivent dans une pauvreté réelle. Le centralisme économique est donc assumé et structurant : l'Àstàtì Kàrràkùl protège et enrichit ses cités, les campagnes subsistent à leur ombre.
Un banditisme des routes persiste dans certaines régions, hérité du morcellement militaire du Bàlànn où chaque cité entretenait sa propre garde sans que personne ne protège les routes intermédiaires. Les efforts de centralisation de l'Àstàtì Kàrràkùl commencent à réduire ce phénomène, mais il n'a pas disparu.
Société
Les Kàrràkùl forment une ethnie visuellement distincte des Ràlmàrr, des Jìgàntt, des Ûsûmàrr et des Èlmàrr. C'est l'une des cinq ethnies nées et survivantes de l'Èrà de la communauté, et leur continuité sur le territoire d'Àl𐌌ûd͡ʒà en fait l'une des plus anciennes populations enracinées du Mùndì.
La société kàrràkùl est profondément urbaine : ses traditions, ses institutions, ses arts, ses échanges se déploient d'abord dans ses sept grandes cités, et la vie campagnarde reste vécue comme secondaire, plus modeste, plus laborieuse. Cette polarisation urbaine est héritée du temps du Bàlànn, où chaque cité constituait presque un monde politique autonome, et elle s'est maintenue sous l'Àstàtì Kàrràkùl.
Rapport aux étrangers
Les Kàrràkùl sont relativement internes : ils n'apprécient pas particulièrement les étrangers, et leur culture urbaine se méfie de ce qui vient du dehors. Il est important de noter que cette méfiance n'est pas ethnique, mais géographique : un kàrràkùl qui reviendrait dans son Bàʒìnn après avoir émigré serait considéré comme aussi extérieur qu'un non-kàrràkùl. Ce qui compte n'est pas le sang, c'est la continuité d'appartenance à la communauté urbaine. Un enfant kàrràkùl qui grandit à ƑûΠàkò et revient adulte à Ànnàkàrr devra prouver sa place au même titre qu'un marchand ûsûmàrr.
Culture et savoirs
- Càrràdànn : Signature culturelle absolue du Bàʒìnn. Le Càrràdànn est un accessoire de combat et de style porté sur la tête, construit comme un casque allongé en pointe qui enveloppe la tête à la manière d'une maille. Il peut être fait de tissu, de cuir ou de métal, et selon les versions être serti de pierres précieuses, de chaînes ornementales, de broderies ou de plumes. Les Càrràdànn existent en plusieurs registres : versions de combat robustes, versions cérémonielles couvertes d'or et de pierres, versions quotidiennes portées dans les rues des grandes cités comme signe de statut social. C'est l'objet par excellence où le martial et le prestige se rejoignent sans se distinguer.
- Tradition du duel : Institution populaire pratiquée dans chaque village comme dans chaque cité, autour de terrains dédiés. Le duel au FùdàΠì sert à trancher des différends, à s'entraîner, à s'éprouver ou à se distraire. Sa pratique universelle explique la qualité militaire moyenne de la population.
- FùdàΠì et forge du Fa𐌌is : Tradition martiale et métallurgique combinées. Les Kàrràkùl ont été les premiers à forger le Fa𐌌is pur, sans alliage, et à en tirer des lames et des plates entières. Cette innovation reste aujourd'hui leur marque technique la plus distinctive.
- Théâtre et musique : Les grandes cités d'Àl𐌌ûd͡ʒà abritent des théâtres renommés, en particulier à Dòrrèkìn et Ànnàkàrr, qui sont des lieux prestigieux fréquentés principalement par les élites urbaines. La musique kàrràkùl privilégie les instruments à vents, qui en constituent la signature sonore, et accompagne aussi bien les représentations théâtrales que les cérémonies de cour.
- Feux d'artifice au Fa𐌌is : Invention kàrràkùl unique. Plutôt que d'utiliser les poudres colorantes classiques, les artisans d'Àl𐌌ûd͡ʒà ont développé des feux d'artifice à base de poudre de Fa𐌌is, qui exploitent la propriété lumineuse naturelle du minerai. Ces spectacles produisent une intensité et une qualité de lumière impossibles à obtenir par d'autres moyens, et constituent l'une des démonstrations les plus visibles de la richesse du Bàʒìnn : seul un peuple disposant d'autant de Fa𐌌is peut se permettre d'en brûler pour le plaisir des yeux.
- Cuisine et équitation : Pratiques développées sans constituer une signature culturelle majeure. Les Kàrràkùl cuisinent bien et montent bien, sans prétendre à une spécialité comparable à celle d'autres Bàʒìnn.
Relations extérieures
- Bàʒìnndè>Kàsìì : Relation historique la plus lourde et la plus complexe du Bàʒìnn. Pendant des millénaires, Kàsìì a pratiqué une ingérence étrangère structurelle à l'encontre d'Àl𐌌ûd͡ʒà, maintenant le Bàlànn en place pour empêcher l'émergence d'un pouvoir kàrràkùl unifié. Ce n'est qu'à la fin de l'Èrà de l'industrialisme, alors que Kàsìì se repliait sur lui-même pour des raisons internes, que cette emprise a cédé, permettant le couronnement d'Àrìnhdà Ier. Depuis le Traité d'Ìmànn en ϑ28 de l'Èrà de l'Àstàttì, les deux Bàʒìnn sont alliés dans le cadre de la fondation de la Colonie et des Grandes invasions de l'Êt͡ʒèrr, dans une alliance pragmatique entre anciens adversaires.
- Bàʒìnndè>Òltàskòl : Partenaire commercial régulier. Òltàskòl importe du Fa𐌌is kàrràkùl de façon soutenue. Les relations sont bonnes, à travers le Front de coprospérité de l'Ouest et depuis le Traité d'Ìmànn.
- Bàʒìnndè>ƑûΠàkò : Relations cordiales mais de volume commercial modeste. Les Kàrràkùl sont perçus au ƑûΠàkò comme un peuple exotique, riche et fascinant. Quelques familles kàrràkùl ont migré vers le ƑûΠàkò au fil des générations et s'y sont intégrées pacifiquement.
- Bàʒìnndè>Sùrrì : Relations purement commerciales, distantes et sans tension particulière. Le Sùrrì importe de petites quantités de Fa𐌌is depuis Àl𐌌ûd͡ʒà pour l'augmentation de ses armures ancestrales.
- Bàʒìnndè>Ûsûmè : Peu d'interactions directes. Les Ûsûmàrr reconnaissent l'importance de l'Àstàtì Kàrràkùl depuis le Traité d'Ìmànn mais maintiennent une distance culturelle marquée.
- Bàʒìnndè>Dèsprìàà : Relations inexistantes ou presque. Les distances, l'absence d'intérêt commercial et la différence radicale des modes de vie font que les deux Bàʒìnn n'ont jamais développé de lien structuré.